14/10/2012

Constitution: qui a détourné les 4% qui ont fait défaut à gauche pour le NON?

NON Constitution

Communiqué du 14 octobre 2012

Avec moins de 32 % de participation - et à 54% contre 46% - les partis gouvernementaux ont réussi à faire avaler aux habitant-e-s de Genève une constitution trompeuse et rétrograde, qui balise le chemin de nombreux reculs dans les domaines des droits sociaux, des droits démocratiques, des services publics, de l'écologie...


En comptant les exclu-e-s du droit de vote, c'est un-e habitant-e sur dix seulement environ qui a approuvé ce texte régressif dont se félicitent aujourd'hui les Jacques-Simon Eggly, Michel Barde, Michel Halpérin, Martine Brunschwig Graf... et autres dinosaures ultralibéraux, qui voient leur vision délétère d'un Etat simple «complément» du privé confortée dans les urnes.

 

En face, nous sommes fiers du front associatif, social et syndical que nous avons contribué à construire et à animer. Ce sont une quinzaine d'élu-e-s à la Constituante  sur 80 qui seul-e-s avaient dit NON sur ses bancs ce printemps, dans les urnes cette proportion bien a plus que doublé!

 

Mais la campagne du NON était difficile, vu le caractère abstrait et complexe de l'objet, un méga «paquet ficelé», garni d'enjolivures bidon pour tenter de masquer des régressions importantes et des ouvertures vers des régressions futures pires encore.

 

Elle était difficile aussi du fait de la légitimité «consensuelle» dont ont pu prétendre se parer les partisans libéraux du OUI, ceci grâce au PS, notamment (sans parler des Verts), qui a cru bon de déserter les rangs de la gauche politique et sociale pour faire plaisir à ses partenaires gouvernementaux et à ses constituant-e-s, hypnotisés par les flatteries de la droite. Elle était difficile aussi au vu des moyens importants, y compris ceux de la Constituante même, mis au service de son projet...

 

En face, nous avons réussi à construire un front sans beaucoup de précédents: l'ensemble des syndicats de la CGAS, l'AVIVO, des secteurs de l'ASLOCA, ViVRe le GSsA, ContrAtom, Attac, le MPF, les milieux féministes dont Femmes pour la Parité et la Marche Mondiale des Femmes, tout la gauche politique à l'exception du PS... Ce front a certes perdu une bataille, mais il a fait du bon travail et devrait être en mesure de se dresser, dans la rue et dans les urnes - et sans doute par ses porte-paroles sur les bancs du parlement dès l'an prochain - contre les régressions qu'on nous prépare à partir de cette constitution funeste!

 

D'aucuns prédisaient un NON – victorieux ou pas - mais aux couleurs de la droite populiste. Or on a bien vu le MCG dire à la fois OUI et NON et l'UDC ne pas s'engager ou presque dans la campagne... privilégiant tous deux leur allégeance de fond à l'égard des libéraux, qui se manifeste ces jours au Grand Conseil. Le NON est donc bien avant-tout un NON de gauche qui a décroché une majorité en Ville de Genève et dans toute la couronne urbaine.

 

Pour que le NON gagne, il fallait convertir encore 4% des électeurs-trices. Le PS a – sans doute – une influence à cette hauteur là ! Nous le rendons donc clairement responsable de cette décision détestable... et appelons les électeurs-trices à en tirer toutes les conséquences le moment venu.

 

Pour solidaritéS,
Pierre VANEK

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