20/12/2011

Article constitutionnel sur l’énergie: Non au démantèlement des acquis antinucléaires !

antinuke-constituante

Depuis deux ans, les antinucléaires se mobilisent avec ContrAtom pour défendre l’art. 160E de la Constitution genevoise.

Ils ont d’entrée exigé que cette disposition, fondant les axes d’une politique de l’énergie écologique et antinucléaire, soit préservée en bloc. Ce n’était pas du dogmatisme, mais partait de trois constats : 7 l’unité de l’article 160E, voté en 1986, permet aux parties de celui-ci d’entrer en résonnance et de former un tout constituant une vraie politique ; 7 cet article représente plus que son seul texte initial, il s’y est rattaché toute une jurisprudence ; 7 cette constituante, avec des groupes pronucléaires en majorité, ne permet pas d’espérer mieux que le texte issu de l’IN « L’énergie notre affaire ».


En 2010, la Constituante démontrait son allégeance au lobby atomique en supprimant de son avant-projet, l’obligation d’opposition au nucléaire. Ce vote scandaleux – qui aurait plombé le projet – n’a pas résisté à Fukushima et à la relance antinucléaire qui a suivi la catastrophe.

Acquis préservés ou liquidés?
Ainsi – à l’issue de tractations diverses – une majorité de la Constituante a voté en « première lecture » en novembre de nouvelles dispositions sur l’énergie. solidaritéS, AVIVO et Associations ont soutenu le maintien du 160E, mais PS et Verts sont entrés en matière sur sa mise au rencart, prétendant que l’essentiel était « préservé ». Qu’en est-il ? Etat des lieux.

Sur le « rétablissement » de l’opposition au nucléaire, figurant dans l’al. 5 de l’art. 160E : on a repris sa première phrase, mais avec des modifications débilitantes. On y a d’abord enlevé le fait qu’on doive employer tous les « moyens juridiques et politiques à disposition » au service de cette opposition, ne reste que l’emploi générique de « tous les moyens ».

Certains prétendront qu’on n’a rien perdu. Mais la disposition subsistante est assez vague pour conduire à un recul sur les moyens légitimes (ou non) de s’opposer à l’atome. Malgré le texte actuel, le Conseil d’Etat à l’époque avait « expliqué » dans un premier temps qu’il ne pouvait pas s’engager juridiquement en France contre Superphénix, parce qu’il n’avait pas les compétences internationales requises… Aujourd’hui, malgré l’obligation d’user de « tous les moyens juridiques », le Conseil d’Etat (contrairement à la Ville de GE) a refusé de soutenir des recours contre Mühleberg ou d’engager des procédures contre le dépôt de déchets au Bugey…

Malgré l’obligation existante d’employer « tous les moyens politiques » le Conseil d’Etat actuel a refusé, avant Fukushima, de diffuser une prise de position contre les nouveaux projets de centrales helvétiques en vue du vote de février 2011 des Bernois·es à ce sujet, alors qu’une intervention de sa part aurait pu faire basculer une décision qui s’est jouée à un point.

Echappatoires multipliées…
Avec une disposition plus vague, les autorités diront que ce n’est pas à eux de se battre sur les terrains juridiques ou politiques, devant les tribunaux ou lors de votes populaires… Crainte légitime, d’autant que le nouvel article circonscrit l’opposition des autorités au nucléaire aux « limites des compétences » de celles-ci. Or l’avis de pronucléaires, comme le constituant ultralibéral Pierre Kunz, est que ces compétences sont nulles, la question étant fédérale.

Ainsi, la disposition antinucléaire de l’al. 5 de l’art 160E est affaiblie, faute d’avoir pu être enlevée. D’autant qu’on en a aussi sabré la phrase exigeant que pour les préavis sur des installations hors du « voisinage » de GE, le canton doit légiférer. Ainsi, soit une installation est « voisine » et on s’y oppose d’office, soit elle ne l’est pas et le gouvernement nous doit une loi, sujette à référendum. Mécanisme ayant facilité l’acceptation de notre thèse qui veut qu’au regard des effets d’une catastrophe atomique, tous les sites nucléaires suisses sont « voisins » du canton !

Principe inacceptable
 et suppressions scandaleuses
Quant aux autres dégâts... Le chapitre « énergie » a comme principe premier que : « L’Etat assure un approvisionnement suffisant en énergie. » En clair, ce qui prime c’est la satisfaction de la demande en énergie qui doit juste être livrée aux clients en assez grande quantité. C’est la négation de tout objectif écologique ou social en matière énergétique, qui remette en cause la demande et pénalise le mésusage de l’énergie...

Parmi les péjorations : l’al. 2 actuel qui veut que les autorités cantonales et communales, et les établissements publics, « réalisent » la politique énergétique cantonale est affadi, de réalisation d’une politique, il n’est plus question… Plus grave, l’important al. 3 actuel du 160E qui fixe en sa lettre a) sept exigences d’économies d’énergie dans le secteur immobilier, est évacué : adieu donc à l’interdiction constitutionnelle du chauffage électrique et de la climatisation, adieu à la base constitutionnelle pour des normes de consommation...

Le point b) du même alinéa qui veut que l’Etat favorise les transports en commun, à pied et à vélo, au plan des investissements notamment, est aussi liquidé, avec le primat de l’engagement public en faveur de modes de transports écologiques, remplacé par un brouet sur la « complémentarité » des modes de transport et la fluidité du trafic...

Le point c) concernant le secteur industriel est aussi liquidé : les centrales chaleur-force et la récupération de chaleur disparaissent, comme la récupération et le recyclage des déchets, et l’exigence de durabilité des objets manufacturés...

Coupé en morceaux, vidé de sa substance… l’art. 160E n’est nullement « repris », encore moins développé, il est assassiné. Nous voterons NON l’an prochain à ce projet délétère !

Pierre Vanek


Commentaires

Vous êtes en retard d'une guerre !

Pierre Kunz a parfaitement raison de rappeler que la politique énergétique relève avant tout de la Confédération, réaffirmer ce principe n'a absolument rien à voir avec le fait d'être pro ou antinucléaire, c'est un simple rappel des faits et surtout du partage des compétences entre la Confédération et les cantons.

Vous êtes en retard d'une guerre, car l'objet même dont il est question ici, à savoir l'énergie nucléaire en Suisse, est devenu caduc avant tout parce que la Conseil fédéral a signé son arrêt de mort. Alors pourquoi donc vouloir vous obstiner à encombrer la Constitution genevoise d'un article qui n'est plus d'actualité mais qui surtout ne relève pas in fine de compétences cantonales mais de celles de la Confédération ?

Par ailleurs, dites-moi franchement pourquoi Genève devrait-elle se sentir davantage en sécurité avec l'arrêt de la centrale de Mühleberg, la plus proche des centrales nucléaires suisses, distante de 160 km de Genève, plutôt que de celle de Bugey dans l'Ain, située à 70 km à vol d'oiseau de notre ville ?

Autre question : comment entendez-vous vous y prendre pour faire démanteler cette même centrale de Bugey, à fortiori le dépôt de matériel radioactif qui la jouxte, lequel a d'ores et déjà reçu les autorisations nécessaires des autorités françaises compétentes ?

L'énergie nucléaire n'est pas une fin en soi, seulement un moyen - aujourd'hui en voie d'être abandonné - de produire de l'énergie électrique à un coût supportable pour notre économie. L'énergie nucléaire comporte des risques il est vrai, mais une société sans risques n'existe pas. Par ailleurs les centrales nucléaires ne rejettent pratiquement pas de CO2 dans l'atmosphère, ceci contrairement aux centrales thermiques classiques, celles qui fonctionnent au charbon (nombreuses en Allemagne), au fuel voire même au gaz. Abandonner le nucléaire c'est aussi renoncer aux objectifs du protocole de Kyoto, alors il faut choisir entre la peste et la choléra, mais surtout avoir une vision globale de la situation et éviter de se focaliser sur notre microcosme genevois.

Pour en revenir au projet de Constitution cantonale, celle-ci doit impérativement rester concise, ce n'est pas un recueil de lois et encore moins un fourre-tout. Par conséquent, son contenu doit être pertinent. Il ne doit pas viser des objets subordonnés à l'autorité de la Confédération ou qui seraient obsolètes parce que techniquement ou scientifiquement anachroniques.

Les problèmes d’approvisionnement énergétique dépassent de très loin le cadre géographique cantonal, vouloir les confiner à Genève est un manque de vision de la situation.

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 20/12/2011

Cest plutôt Jean d'Hôtaux qui est en retard d'une guerre.
D'ailleurs, on se demande si sous ce pseudo ridicule ne se cache pas le con.stituant p.dimier qui tient un discours étrangement proche et qui a l'habitude de bloguer sous d'autres identités.

Quoi qu'il en soit, shut up!!!

John

Écrit par : john | 20/12/2011

Bravo John,
Entièrement daccord avec vous. J'ai d'ailleurs lu le dernier article paru sur son blog ce jour et il est nullissime.
Rien qu'à cause de lui je voterais contre la constituante histoire de lui rabattre le museau.

Vive SolidaritéS

Écrit par : Stéphane | 20/12/2011

A mes chers détracteurs John et Stéphane,

Et bien non, je ne suis ni constituant et moins encore M. Dimier que je ne connais pas.

Peu me chaut que mon pseudo vous plaise ou non ou qu'il vous paraisse ridicule car ce qui important pour moi c'est de défendre des idées, que celles-ci plaisent ou non à la majorité. Or il est évidemment beaucoup plus aisé de nager avec le courant, de bêler avec le troupeau, que d'argumenter. Car d'arguments je ne n'en vois guère dans vos pulsions épidermiques.

Concernant le projet de Constitution, chacun votera selon ses convictions, ses sensibilités en connaissance et, malheureusement aussi, souvent en méconnaissance de cause. Alors avant de dénigrer prenez la peine de vous informer et de réfléchir.

Dites-moi franchement quelle est la pertinence d'inscrire l'interdiction du nucléaire dans une Constitution cantonale, alors cette compétence relève avant tout de la Confédération et que les sites potentiels pour l'installation d'une centrale nucléaire à Genève sont quasiment nuls ?

Dites-moi aussi si vous vous sentirez plus en sécurité lorsque la centrale de Mühleberg aura été démantelée, alors que celle de Bugey dans l'Ain poursuivra son exploitation ... et que celle-ci contribuera à alimenter la Suisse demain encore comme c'est le cas aujourd'hui, soyez-en sûrs ?

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 20/12/2011

@Jean d'hotaux,
Juste
une question , pourquoi vous cachez vous derrière ce pseudo?

Merci pour votre réponse.
Armand

Écrit par : Armand | 20/12/2011

@ Jean d'Hôtaux

1. Le canton est compétent s'agissant de l'octroi des autorisations relevant de l'aménagement du territoire et de l'octroi du droit des eaux. Il peut donc veiller à ce que de telles installations ne puissent être construite sur son territoire.

2. Le site de Verbois, dites vous, n'est plus aménageable. Pas convainquant, il est possible de raser ce qui y fait obstacle.

3. Le fait que le Bugey existe ne justifie pas l'augmentation des risques par une construction nucléaire sur territoire genevois. Cela ne ferait que multiplier les risques, ce d'autant plus que 0 Km est beaucoup moins que 70 km.

4. Votre obstination de pronucléaire à ne pas interdire la construction à Genève est celle de celui qui se réserve la possibilité d'une pareille construction. Votre acharnement justifie le maintien de cette disposition.

5. Votre soudain purisme juridique m'étonne. Il est mal fondé. Une constitution règle aussi les question matérielle les plus importantes. Or la vie et la mort de centaines de milliers de personnes est d'importance. Quant à la Confédération, elle a encore le temps de changer d'avis et de redevenir pronucléaire.

5. Quant au réchauffement climatique, il est temps de s'y adapter. Kyoto est mort.

Écrit par : CEDH | 21/12/2011

@ Armand :

" ... pourquoi vous cachez vous derrière ce pseudo? "

La plupart des blogueurs qui s'expriment ici sous leur véritable identité sur les blogs de la TdG, le font pour exister politiquement ou médiatiquement. Ces personnes sont pour la plupart d'entre elles, soit des politiciens exerçant ou visant des mandats politiques, soit des journalistes. Bloguer constitue pour eux le moyen idéal de sonder l'opinion publique, de tester et de diffuser leurs idées. Ce n'est pas une critique, c'est un simple constat.

Mais pour moi qui ne suis qu'un simple citoyen, sans ambition politique aucune, avec toutefois des préoccupations et une certaine vision de la société, favorable à la défense de valeurs telles que le respect d'autrui, la liberté d'expression, la responsabilité individuelle du citoyen face à l’État, le respect de la sphère privée, étant moi-même d'un naturel discret, pourquoi donc devrais-je m'astreindre à bloguer sous ma propre identité ?
Vous-même vous signez vos commentaires "Armand", d'autres "john" ou "Stéphane", s'agit-il de vos propres prénoms (?)- par ailleurs insuffisants à dévoiler vos véritables identités - ou sont-ce de simples pseudos ? Nul ne le sait !
Ma véritable identité, par ailleurs connue de la TdG, ne vous apprendrait rien sur ma personne. Je revendique seulement le droit de m'exprimer librement dans le respect des règles fixées par l'hébergeur des blogs, la TdG en l'occurrence.

Je vous remercie de respecter cet anonymat !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 21/12/2011

@ CEDH :

Oui, nous n'avons pas la même vision de la situation sur la nécessité ou non d'inscrire l'interdiction du nucléaire dans la future Constitution. Je le sais, nous avons déjà échangé sur cette question.

1. "Le canton est compétent s'agissant de l'octroi des autorisations relevant de l'aménagement du territoire et de l'octroi du droit des eaux. Il peut donc veiller à ce que de telles installations ne puissent être construite sur son territoire."

Oui, vous me l'avez déjà rappelé et formellement vous avez raison. Toutefois avec les institutions démocratiques que nous connaissons en Suisse personne s'imagine que "de telles installations" puissent être imposées par la Confédération à un canton, surtout après les catastrophes de Tchernobyl (surtout) et de Fukushima. Ce ne serait pas une faute, mais un suicide politique. Dans une telle hypothèse - fort improbable - le peuple serait consulté.

2. "Le site de Verbois, dites vous, n'est plus aménageable. Pas convainquant, il est possible de raser ce qui y fait obstacle."

Bien sûr qu'il est théoriquement possible de démanteler la centrale solaire photovoltaïque mise en service il y a six ans sur le site de Verbois pour y installer une centrale nucléaire, mais franchement, y croyez-vous vous-même ?

3. "Le fait que le Bugey existe ne justifie pas l'augmentation des risques par une construction nucléaire sur territoire genevois. Cela ne ferait que multiplier les risques, ce d'autant plus que 0 Km est beaucoup moins que 70 km."

Si j'ai évoqué le Bugey et sa proximité géographique de Genève, c'est avant tout pour mettre en évidence les incohérences de la décision précipitée et irréfléchie, selon moi, du Conseil fédéral à vouloir démanteler les centrales nucléaires suisses, sans en avoir mesuré toutes les conséquences et sans avoir préalablement étudié d'alternatives crédibles. Que la population s'émeuve après une catastrophe telle que celle de Fukushima cela est parfaitement compréhensible, mais un gouvernement doit avoir une vision sur le long terme et ne doit en aucun cas réagir sous le coup de l'émotion. Le Conseil fédéral aurait été beaucoup mieux inspiré en se concertant avec nos voisins. Sa décision était avant tout politique, elle visait les élections fédérales du 23 octobre.

4. "Votre obstination de pronucléaire à ne pas interdire la construction à Genève est celle de celui qui se réserve la possibilité d'une pareille construction. Votre acharnement justifie le maintien de cette disposition."

Il n'y a chez moi aucune obstination pronucléaire car l'énergie nucléaire ne saurait en aucun cas constituer une fin en soi, c'est seulement le moyen qui nous permet actuellement de couvrir en Suisse 40% de notre consommation électrique. Une telle couverture énergétique n'est de très loin pas négligeable et je nourris de sérieux doutes quant à notre capacité à compenser ces 40% d'ici à 2034.
Une chose est sûr c'est que le coût de l'électricité va drastiquement augmenter d'ici là, d'autres pays tels que l'Allemagne et la Belgique ayant elles aussi pris la décision d'arrêter le nucléaire. A cela s'ajoute quoiqu'on en dise, d'inévitables augmentations de la consommation dues notamment à l'installation de pompes à chaleur pour le chauffage des bâtiments en remplacement des chaudières à mazout.

L'énergie est un domaine très complexe qu'il faut appréhender avec une vision globale. On ne peut pas simplement ignorer des effets qui peuvent à priori sembler marginaux ou les balayer d'un revers de la main.

5."Votre soudain purisme juridique m'étonne. Il est mal fondé. Une constitution règle aussi les question matérielle les plus importantes. Or la vie et la mort de centaines de milliers de personnes est d'importance. Quant à la Confédération, elle a encore le temps de changer d'avis et de redevenir pronucléaire."

Bien sûr que le sort de centaines de milliers de personnes ne m'est pas indifférent, mais il s'agit ici fondamentalement d'un choix de société et dans une démocratie digne de ce nom, c'est aux citoyens qu'il appartient de prendre leur destin en mains et ceci en pleine connaissance de cause. On ne peut pas tout à la fois exiger le confort et refuser d'en assumer les nuisances et les risques.

5. " Quant au réchauffement climatique, il est temps de s'y adapter. Kyoto est mort. "

Kyoto est mort, d'accord avec vous ! Kyoto est mort à Durban ...
Mais c'est avant tout votre remarque qui me fait réagir :

"Quant au réchauffement climatique, il est temps de s'y adapter."

En fait, au risque nucléaire de catastrophe susceptible de tuer des centaines de milliers de personnes en quelques années, vous préférez un autre risque, celui d'une mort lente par réchauffement climatique avec des inondations chroniques, des pays du littoral maritime submergés, la famine et l'exode de populations entières ...

C'est exactement ce que j'évoquais dans un autre commentaire en parlant d'un choix entre la peste et le choléra.

Vous voyez que nos positions respectives ne sont pas aussi éloignées l'une de l'autre qu'il n'y paraît !

Bonne journée !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 21/12/2011

@ CEDH :

Oui, nous n'avons pas la même vision de la situation sur la nécessité ou non d'inscrire l'interdiction du nucléaire dans la future Constitution. Je le sais, nous avons déjà échangé sur cette question.

1. "Le canton est compétent s'agissant de l'octroi des autorisations relevant de l'aménagement du territoire et de l'octroi du droit des eaux. Il peut donc veiller à ce que de telles installations ne puissent être construite sur son territoire."

Oui, vous me l'avez déjà rappelé et formellement vous avez raison. Toutefois avec les institutions démocratiques que nous connaissons en Suisse personne s'imagine que "de telles installations" puissent être imposées par la Confédération à un canton, surtout après les catastrophes de Tchernobyl (surtout) et de Fukushima. Ce ne serait pas une faute, mais un suicide politique. Dans une telle hypothèse - fort improbable - le peuple serait consulté.

2. "Le site de Verbois, dites vous, n'est plus aménageable. Pas convainquant, il est possible de raser ce qui y fait obstacle."

Bien sûr qu'il est théoriquement possible de démanteler la centrale solaire photovoltaïque mise en service il y a six ans sur le site de Verbois pour y installer une centrale nucléaire, mais franchement, y croyez-vous vous-même ?

3. "Le fait que le Bugey existe ne justifie pas l'augmentation des risques par une construction nucléaire sur territoire genevois. Cela ne ferait que multiplier les risques, ce d'autant plus que 0 Km est beaucoup moins que 70 km."

Si j'ai évoqué le Bugey et sa proximité géographique de Genève, c'est avant tout pour mettre en évidence les incohérences de la décision précipitée et irréfléchie, selon moi, du Conseil fédéral à vouloir démanteler les centrales nucléaires suisses, sans en avoir mesuré toutes les conséquences et sans avoir préalablement étudié d'alternatives crédibles. Que la population s'émeuve après une catastrophe telle que celle de Fukushima cela est parfaitement compréhensible, mais un gouvernement doit avoir une vision sur le long terme et ne doit en aucun cas réagir sous le coup de l'émotion. Le Conseil fédéral aurait été beaucoup mieux inspiré en se concertant avec nos voisins. Sa décision était avant tout politique, elle visait les élections fédérales du 23 octobre.

4. "Votre obstination de pronucléaire à ne pas interdire la construction à Genève est celle de celui qui se réserve la possibilité d'une pareille construction. Votre acharnement justifie le maintien de cette disposition."

Il n'y a chez moi aucune obstination pronucléaire car l'énergie nucléaire ne saurait en aucun cas constituer une fin en soi, c'est seulement le moyen qui nous permet actuellement de couvrir en Suisse 40% de notre consommation électrique. Une telle couverture énergétique n'est de très loin pas négligeable et je nourris de sérieux doutes quant à notre capacité à compenser ces 40% d'ici à 2034.
Une chose est sûr c'est que le coût de l'électricité va drastiquement augmenter d'ici là, d'autres pays tels que l'Allemagne et la Belgique ayant elles aussi pris la décision d'arrêter le nucléaire. A cela s'ajoute quoiqu'on en dise, d'inévitables augmentations de la consommation dues notamment à l'installation de pompes à chaleur pour le chauffage des bâtiments en remplacement des chaudières à mazout.

L'énergie est un domaine très complexe qu'il faut appréhender avec une vision globale. On ne peut pas simplement ignorer des effets qui peuvent à priori sembler marginaux ou les balayer d'un revers de la main.

5."Votre soudain purisme juridique m'étonne. Il est mal fondé. Une constitution règle aussi les question matérielle les plus importantes. Or la vie et la mort de centaines de milliers de personnes est d'importance. Quant à la Confédération, elle a encore le temps de changer d'avis et de redevenir pronucléaire."

Bien sûr que le sort de centaines de milliers de personnes ne m'est pas indifférent, mais il s'agit ici fondamentalement d'un choix de société et dans une démocratie digne de ce nom, c'est aux citoyens qu'il appartient de prendre leur destin en mains et ceci en pleine connaissance de cause. On ne peut pas tout à la fois exiger le confort et refuser d'en assumer les nuisances et les risques.

5. " Quant au réchauffement climatique, il est temps de s'y adapter. Kyoto est mort. "

Kyoto est mort, d'accord avec vous ! Kyoto est mort à Durban ...
Mais c'est avant tout votre remarque qui me fait réagir :

"Quant au réchauffement climatique, il est temps de s'y adapter."

En fait, au risque nucléaire de catastrophe susceptible de tuer des centaines de milliers de personnes en quelques années, vous préférez un autre risque, celui d'une mort lente par réchauffement climatique avec des inondations chroniques, des pays du littoral maritime submergés, la famine et l'exode de populations entières ...

C'est exactement ce que j'évoquais dans un autre commentaire en parlant d'un choix entre la peste et le choléra.

Vous voyez que nos positions respectives ne sont pas aussi éloignées l'une de l'autre qu'il n'y paraît !

Bonne journée !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 21/12/2011

Sur ce sujet, et en tant qu'opposant à l'énergie nucléaire de longue date, j'estime que la Constituante a rétabli les garanties nécessaires au niveau constitutionnel, non seulement pour maintenir l'interdiction générale, mais aussi pour consolider ce qui existe dans la législation cantonale sur l'énergie et toutes les incitations qu'elle contient pour obtenir les économies indispensables dans ce domaine.
Je ne pense pas non plus que l'article 160E a été démantelé, mais que nous avons veillé à mettre un certain nombre d'éléments qu'il comprenait en relation direct avec les sujets concernés.
Probablement que nous pourrons encore apporter quelques améliorations lors de la deuxième lecture en cours, mais nous avons déjà rétabli les éléments fondamentaux qui avaient été gommés dans l'avant-projet.

Maurice Gardiol, constituant

Écrit par : Maurice Gardiol | 19/01/2012

Sur ce sujet, et en tant qu'opposant à l'énergie nucléaire de longue date, j'estime que la Constituante a rétabli les garanties nécessaires au niveau constitutionnel, non seulement pour maintenir l'interdiction générale, mais aussi pour consolider ce qui existe dans la législation cantonale sur l'énergie et toutes les incitations qu'elle contient pour obtenir les économies indispensables dans ce domaine.
Je ne pense pas non plus que l'article 160E a été démantelé, mais que nous avons veillé à mettre un certain nombre d'éléments qu'il comprenait en relation direct avec les sujets concernés.
Probablement que nous pourrons encore apporter quelques améliorations lors de la deuxième lecture en cours, mais nous avons déjà rétabli les éléments fondamentaux qui avaient été gommés dans l'avant-projet.

Maurice Gardiol, constituant

Écrit par : Maurice Gardiol | 19/01/2012

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