14/10/2011

Philippe Sauvin : De quelle agriculture a-t-on besoin en Suisse ? (vidéo)

Philippe Sauvin (Liste 16) explique l'agriculture dont la Suisse a besoin ainsi que la nécessité d'améliorer les conditions de travail des travailleurs·euses agricoles.



Elections 2011 - Ensemble à Gauche - La Gauche - solidaritéS

Commentaires

Monsieur Mabut,
J'ai bien lu vos 4 questions et je tente d'y répondre comme suit :
En préambule et raccourci : il faut préciser que la souveraineté alimentaire n'est pas un néo-plan Wahlen mais une exigence de réappropriation de l'agriculture (et de la distribution) par les producteurs (et la population en général), partout dans le monde! Donc une production agricole permettant un développement rural dans de bonnes conditions sociales et environnementales ! Pour ce faire il faut favoriser les petits et moyens producteurs afin qu'ils puissent produire et écouler leur production sans se faire écraser par une production agricole industrielle (intensive en capital actionnarial) qui détruit les tissus sociaux (accaparements de terres agricoles et exode rural pour exemple) et met en concurrence les producteurs de conditions diverses. Un vaste programme qui demande une réorientation radicale de nos politiques agricoles !
1. Les diverses tentatives de faire adopter une convention collective de travail dans l’agriculture ont échoué à ce jour avec la réticence des grandes organisations faîtières agricoles. Un contrat-type national contraignant réglerait la question mais l’aval des chambres (CN et CE) y est une condition préalable (Code des Obligations). Plusieurs démarches parlementaires (entre autre par John Dupraz) ont échoué et le fédéralisme y est pour quelque chose. Que le travail agricole ne soit pas soumis à la Loi sur le travail est un anachronisme ! Comment expliquer que les conditions de travail peuvent varier d’un canton à l’autre dans une fourchette de plus de 25%? Notons dans ce contexte que les ouvriers du bâtiment bénéficient de conditions de travail 2 fois meilleures, tous paramètres pris en compte, ceci grâce à une lutte syndicale forte. Les syndicats nationaux sont appelés à se préoccuper des travailleuses et travailleurs agricoles !
2. Des modèles de production comme Les Jardins de Cocagne, TourneRève ou Le Jardin des Charottons démontrent que les producteurs en coopératives s’en sortent plutôt bien. L’agriculture contractuelle (vente à l’avance de la production à des prix rémunérateurs) est en plein essor à Genève. Donc des cultures diversifiées, de qualité et de proximité avec une haute valeur ajoutée sous forme de services à la population. Reste que la propriété foncière fait fortement obstacle et est soumise à la spéculation.
3. Les grands distributeurs détiennent le monopole de la distribution et les producteurs les ont laissé faire ! Aux producteurs de se réapproprier la distribution. Les importations doivent être soumises à des critères de production sociaux et écologiques, ceci ayant été malheureusement refusé par le parlement ! Nous ne voulons plus de produits agricoles importés qui ont été produits dans des conditions inacceptables (voir Rosarno, Almeria et autres). Donc il ne s’agit pas de revenir uniquement aux choux et aux raves mais d’avoir des garanties quant aux modes de production. Certains prix augmenteront mais on pourrait imaginer par exemple de faire baisser les loyers (contrôle de la spéculation) pour alléger ainsi le budget des familles !
4. Votre idée d’obligation de se fournir auprès d’un agriculteur de famille n’est pas mauvaise …. Non, mais il s’agit d’améliorer et de favoriser les réseaux de distribution, de rendre le travail à la campagne attractif, de faciliter l’accès à la terre……

Avec mes meilleures salutations Philippe Sauvin

Écrit par : Philippe Sauvin | 17/10/2011

Monsieur Mabut,
J'ai bien lu vos 4 questions et je tente d'y répondre comme suit :
En préambule et raccourci : il faut préciser que la souveraineté alimentaire n'est pas un néo-plan Wahlen mais une exigence de réappropriation de l'agriculture (et de la distribution) par les producteurs (et la population en général), partout dans le monde! Donc une production agricole permettant un développement rural dans de bonnes conditions sociales et environnementales ! Pour ce faire il faut favoriser les petits et moyens producteurs afin qu'ils puissent produire et écouler leur production sans se faire écraser par une production agricole industrielle (intensive en capital actionnarial) qui détruit les tissus sociaux (accaparements de terres agricoles et exode rural pour exemple) et met en concurrence les producteurs de conditions diverses. Un vaste programme qui demande une réorientation radicale de nos politiques agricoles !
1. Les diverses tentatives de faire adopter une convention collective de travail dans l’agriculture ont échoué à ce jour avec la réticence des grandes organisations faîtières agricoles. Un contrat-type national contraignant réglerait la question mais l’aval des chambres (CN et CE) y est une condition préalable (Code des Obligations). Plusieurs démarches parlementaires (entre autre par John Dupraz) ont échoué et le fédéralisme y est pour quelque chose. Que le travail agricole ne soit pas soumis à la Loi sur le travail est un anachronisme ! Comment expliquer que les conditions de travail peuvent varier d’un canton à l’autre dans une fourchette de plus de 25%? Notons dans ce contexte que les ouvriers du bâtiment bénéficient de conditions de travail 2 fois meilleures, tous paramètres pris en compte, ceci grâce à une lutte syndicale forte. Les syndicats nationaux sont appelés à se préoccuper des travailleuses et travailleurs agricoles !
2. Des modèles de production comme Les Jardins de Cocagne, TourneRève ou Le Jardin des Charottons démontrent que les producteurs en coopératives s’en sortent plutôt bien. L’agriculture contractuelle (vente à l’avance de la production à des prix rémunérateurs) est en plein essor à Genève. Donc des cultures diversifiées, de qualité et de proximité avec une haute valeur ajoutée sous forme de services à la population. Reste que la propriété foncière fait fortement obstacle et est soumise à la spéculation.
3. Les grands distributeurs détiennent le monopole de la distribution et les producteurs les ont laissé faire ! Aux producteurs de se réapproprier la distribution. Les importations doivent être soumises à des critères de production sociaux et écologiques, ceci ayant été malheureusement refusé par le parlement ! Nous ne voulons plus de produits agricoles importés qui ont été produits dans des conditions inacceptables (voir Rosarno, Almeria et autres). Donc il ne s’agit pas de revenir uniquement aux choux et aux raves mais d’avoir des garanties quant aux modes de production. Certains prix augmenteront mais on pourrait imaginer par exemple de faire baisser les loyers (contrôle de la spéculation) pour alléger ainsi le budget des familles !
4. Votre idée d’obligation de se fournir auprès d’un agriculteur de famille n’est pas mauvaise …. Non, mais il s’agit d’améliorer et de favoriser les réseaux de distribution, de rendre le travail à la campagne attractif, de faciliter l’accès à la terre……

Avec mes meilleures salutations Philippe Sauvin

Écrit par : Philippe Sauvin | 17/10/2011

Bonjour,
Parce que je suis préoccupée par la question de la souveraineté alimentaire, et les questions de choix alimentaires dans nos régions et aussi dans le sud, je me suis engagée dans l'Affaire Tournerêve et avec une amie on a fait ce petit film pour eux. En espérant qu'il vous intéresse et que vous le fassiez passer -> http://vimeo.com/30901404

Écrit par : Eliane HAURI | 23/10/2011

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